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Fraude à la souscription : celle qu'on ne voit jamais

Quand on parle de fraude en assurance, tout le monde pense au sinistre : la facture gonflée, la photo retouchée, le faux devis. C'est logique, car c'est là que l'argent sort.

Mais la fraude entre souvent bien plus tôt, et ce dès la souscription.

Le maillon oublié du parcours

Un faux KBIS pour souscrire une flotte. Un relevé d'information falsifié pour effacer une sinistralité gênante. Une attestation modifiée pour obtenir une garantie ou un tarif. Une identité empruntée pour contourner une résiliation.

Ces documents ne déclenchent aucune alerte, car à la souscription, personne ne cherche vraiment. Les contrôles sont pensés pour la conformité, pas pour la fraude. Et la pression commerciale joue contre la vigilance : un parcours de souscription doit être rapide, fluide, sans friction. Chaque vérification supplémentaire est perçue comme un frein à la conversion.

Résultat : le fraudeur entre dans le portefeuille par la grande porte.

Un fraudeur détecté à la souscription, c'est un sinistre évité

C'est tout l'enjeu économique du sujet. Une fraude interceptée au sinistre a déjà coûté cher : gestion du dossier, expertise, temps de contrôle, parfois indemnisation avant détection.

La même fraude détectée à la souscription coûte le prix d'une analyse automatique de documents. Quelques secondes de traitement contre des milliers d'euros de sinistres frauduleux.

Et l'information recueillie à la souscription ne disparaît pas : un profil signalé à risque en amont éclaire l'analyse de tous ses sinistres futurs. La détection en amont ne remplace pas le contrôle au sinistre, elle le rend plus intelligent.

Le document seul ne suffit pas, le contexte fait tout

Un faux KBIS bien généré est indétectable isolément. Ce qui le trahit, c'est le croisement : une date de création incohérente avec l'activité déclarée, une adresse qui ne correspond pas, un dirigeant introuvable, un chiffre d'affaires sans rapport avec le risque souscrit.

C'est pourquoi la détection ne peut pas être un outil posé à côté du parcours. Elle doit vivre dedans, avec accès à toutes les données saisies au fil de la souscription, pour confronter chaque pièce justificative aux informations déclarées.

Chez Korint, chaque document déposé dans le parcours de souscription est classifié, analysé et croisé automatiquement avec les données du dossier. Les signaux sont agrégés en un score de risque qui peut déclencher une tâche de vérification, exiger une dérogation, ou se répercuter sur le tarif. Le souscripteur garde la décision, mais il décide en connaissance de cause.

Souscrire vite et contrôler bien ne sont plus contradictoires

C'est peut-être la vraie conclusion. Tant que le contrôle était manuel, il fallait choisir entre fluidité commerciale et vigilance anti-fraude. Avec une détection embarquée en temps réel, les 95 % et plus de dossiers légitimes passent sans friction, et seuls les cas suspects sont remontés.

La lutte anti-fraude ne commence pas au sinistre, elle commence aussi à la première pièce jointe.

FAQ - À propos de cet article

Comment détecter la fraude documentaire en temps réel ?

En intégrant la détection directement dans les parcours métiers plutôt qu'en contrôlant a posteriori. Chaque document déposé est automatiquement classifié, analysé et croisé avec les autres pièces et les données déclarées. Les signaux sont agrégés en un score de fraude au niveau du dossier, et seuls les cas suspects sont remontés au gestionnaire, qui garde la décision finale.

Comment l'intelligence artificielle transforme-t-elle la fraude à l'assurance ?

L'intelligence artificielle générative donne aux fraudeurs des capacités inédites qui rendent les attaques plus rapides, plus crédibles et beaucoup plus difficiles à détecter manuellement. Trois grandes typologies émergent : la fraude documentaire automatisée (fausses factures médicales, faux constats amiables avec données GPS et météo cohérentes, fausses ordonnances, faux devis de réparation), les deepfakes et l'usurpation d'identité (qui permettent de se faire passer pour un assuré lors d'un entretien vidéo ou téléphonique sans compétences techniques particulières), et les réseaux de fraude organisée assistés par IA qui coordonnent des vagues de fausses déclarations cohérentes ciblant simultanément plusieurs courtiers et assureurs. En 2024, Alfa a recensé 902 millions d'euros de fraude détectée à l'assurance, dont 656 millions sur le périmètre dommages, et les experts estiment que 5 à 10 % des sinistres réglés pourraient relever de cas frauduleux.

Comment les outils de gestion de portefeuille nouvelle génération comme Korint utilisent-ils l'IA pour lutter contre la fraude ?

Les plateformes de gestion de portefeuille nouvelle génération comme Korint retournent l'intelligence artificielle contre la fraude en agissant sur trois niveaux. D'abord, faire émerger la fraude : l'IA analyse en temps réel les données issues des sinistres, des parcours digitaux et des documents transmis, et croise des signaux faibles que l'analyse humaine ne peut pas traiter à cette vitesse et à cette échelle. Ensuite, qualifier et encadrer la fraude : certaines plateformes produisent un score de risque documenté accompagné d'une explication lisible par les équipes métier, qui permet de prioriser les cas à investiguer et d'ajuster les seuils de déclenchement par segment de risque. Enfin, éliminer la fraude dans la durée : combinées à des actions de rejet automatisées, ces plateformes réduisent les tentatives de fraude récurrentes et permettent d'agir au stade de la souscription plutôt qu'au moment de l'indemnisation, ce qui constitue le levier le plus efficace pour réduire la fraude structurelle.