IA en assurance : le cadre réglementaire n'est plus l'obstacle
Dans l'assurance, la prudence face à l'IA s'appuie souvent sur un même argument : le cadre réglementaire ne serait pas assez clair pour se lancer. C'est une position confortable, mais elle ne tient pas, car les principes qui gouvernent nos métiers depuis longtemps, la proportionnalité des contrôles au risque, la non-discrimination, la documentation des décisions, la responsabilité de l'entreprise, s'appliquent parfaitement à l'IA. Ce qui manque aujourd'hui n'est pas un texte de plus, mais la volonté de transposer ces principes et de s'y mettre.
Le modèle qui marche : automatiser à 70, arbitrer à 30
L'automatisation des décisions n'est pas une nouveauté dans l'assurance : des tarifs se calculent sans intervention humaine et des règles métier s'appliquent automatiquement depuis des années. La question n'est donc pas de savoir si un système peut décider seul, mais où placer le curseur. Le modèle qui fonctionne, c'est le 70-30 : une automatisation forte sur les cas standards, là où les gains de productivité sont énormes, et une main redonnée à l'humain sur les cas sophistiqués, là où son jugement a une vraie valeur.
Pour accélérer, le plus efficace est de commencer par les tâches les plus simples et les actes de gestion les plus répétitifs : c'est là que les gains arrivent vite, que les équipes apprennent et que la confiance se construit.
Une difficulté à regarder en face, sans la dramatiser
Les modèles d'IA générative n'ont pas le déterminisme des systèmes à règles fixes : un même acte peut produire des résultats légèrement différents d'une exécution à l'autre, et certains devront être repris. Pour des systèmes d'information historiquement construits sur la reproductibilité, c'est un changement d'habitude important, et il serait malhonnête de le minimiser.
Mais ce changement est plus familier qu'il n'y paraît, car nos organisations gèrent depuis toujours une forme de variabilité : celle des équipes humaines, qui se trompent aussi, différemment selon le jour et le dossier. Nous avons appris à l'encadrer par les tests, la supervision et la reprise d'erreur, et c'est exactement cette approche qu'il faut transposer à l'IA, plutôt que d'exiger d'elle une perfection qu'on n'a jamais exigée des humains.
La compétence qui fera la différence
La compétence clé des prochaines années ne sera pas de savoir paramétrer un modèle, mais de savoir identifier les workflows qui peuvent être totalement confiés à une IA et ceux qui exigent le jugement humain. C'est un savoir-faire métier, qui demande de connaître ses processus, ses risques et ses clients, et les organisations qui développeront ce discernement prendront une avance considérable sur celles qui automatisent au hasard, ou qui n'automatisent rien.
Ne nous cachons pas derrière la régulation
Les obstacles sont réels et nombreux : qualité de la donnée, conduite du changement, gouvernance des cas limites. C'est précisément parce qu'ils sont réels qu'il faut s'y confronter maintenant, plutôt que d'attendre un hypothétique cadre parfait qui ne viendra pas.
Le cadre légal est là, les principes sont connus, et les premiers cas d'usage sont identifiables dès aujourd'hui. La régulation n'est pas ce qui empêche l'assurance de déployer l'IA. C'est parfois ce qui l'arrange de croire.
C'est exactement sur ce terrain que Korint a construit sa plateforme : des agents IA intégrés aux workflows métier plutôt que posés à côté, capables d'automatiser à fond les actes standards tout en rendant la main à un gestionnaire dès qu'un dossier sort du cadre, le tout sur une donnée événementielle qui trace chaque action et permet de documenter, à tout moment, qui a fait quoi et sur quelle base. Autrement dit, les conditions pour appliquer à l'IA les garde-fous que l'assurance connaît déjà, et avancer sans attendre.
Quelles sont les fondations qu'un logiciel d'assurance doit avoir pour accueillir des features IA ?
Trois prérequis non négociables :
La donnée. Des données fragmentées ou mal structurées rendent l'IA inutilisable. Le logiciel doit capturer en continu des données de qualité, normalisées et accessibles via des interfaces ouvertes.
Une architecture orientée événements. Chaque action (émission, avenant, sinistre) doit être capturée en temps réel — pas en batch. C'est ce qui permet aux agents IA de réagir sur des données fraîches.
L'ouverture. Le logiciel doit exposer 100% de ses événements via API, et permettre de brancher ses propres outils IA ou des modules tiers sans refonte système.
Quelles sont les features IA les plus pertinentes pour les courtiers en assurance ?
Le courtier est pris en étau entre ses assurés, ses partenaires porteurs de risques, et une charge administrative qui ne cesse de croître. C'est là que l'IA a le plus d'impact immédiat.
Les trois usages prioritaires : automatiser les tâches répétitives de gestion (avenants, résiliations, demandes de pièces), accéder instantanément aux informations du portefeuille, et préparer plus vite devis et documents contractuels.
C'est exactement ce qu'adresse le Korint Companion : un assistant IA conversationnel directement connecté au portefeuille du courtier en temps réel. Le Companion aide les courtiers en centralisant leurs informations et documents clés, pour répondre plus vite aux demandes clients et sécuriser le suivi des dossiers. Il automatise aussi les tâches répétitives (recherche, synthèse, relances), afin de libérer du temps pour le conseil et la relation commerciale.
Comment les outils de gestion de portefeuille nouvelle génération comme Korint utilisent-ils l'IA pour lutter contre la fraude ?
Les plateformes de gestion de portefeuille nouvelle génération comme Korint retournent l'intelligence artificielle contre la fraude en agissant sur trois niveaux. D'abord, faire émerger la fraude : l'IA analyse en temps réel les données issues des sinistres, des parcours digitaux et des documents transmis, et croise des signaux faibles que l'analyse humaine ne peut pas traiter à cette vitesse et à cette échelle. Ensuite, qualifier et encadrer la fraude : certaines plateformes produisent un score de risque documenté accompagné d'une explication lisible par les équipes métier, qui permet de prioriser les cas à investiguer et d'ajuster les seuils de déclenchement par segment de risque. Enfin, éliminer la fraude dans la durée : combinées à des actions de rejet automatisées, ces plateformes réduisent les tentatives de fraude récurrentes et permettent d'agir au stade de la souscription plutôt qu'au moment de l'indemnisation, ce qui constitue le levier le plus efficace pour réduire la fraude structurelle.