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Make or Buy en assurance : ce que les chiffres disent vraiment

La question n'est plus de savoir si les acteurs de l'assurance doivent se transformer technologiquement. C'est déjà trop tard pour ce débat. La vraie question, celle qui se pose aujourd'hui dans les comités de direction des assureurs, courtiers grossistes et courtiers, c'est : comment ?

Développer en interne ou acheter une solution externe ? Construire ou déployer ? Make or Buy ?

Ce choix, en apparence technique, est en réalité l'un des arbitrages stratégiques les plus lourds de conséquences qu'un acteur de l'assurance puisse faire dans les prochaines années.

Un secteur sous pression, des systèmes qui ne suivent plus

Le constat est brutal : 90 % des assureurs IARD déclarent que leur environnement technologique actuel ne leur permettra pas de répondre aux exigences produit d'ici 3 à 5 ans¹. Ce n'est pas une projection pessimiste. C'est ce que les équipes métier et tech vivent déjà au quotidien.

Les causes sont connues : des attentes clients en constante évolution, une réglementation plus complexe, une pression sur les marges et l'émergence de l'IA comme nouveau paradigme opérationnel. La technologie n'est plus une fonction support. Elle est devenue le moteur de la compétitivité.

Résultat : les assureurs et courtiers doivent trancher. Et cette décision engage bien plus que leur DSI.

L'attrait du développement en interne

Construire sa propre solution technologique a longtemps été la norme dans le secteur. Et les arguments restent séduisants.

Le contrôle, d'abord.

Un outil conçu en interne peut être façonné sur mesure, adapté aux processus spécifiques de l'entreprise, avec une feuille de route entièrement maîtrisée. Pas de dépendance à un éditeur, pas de contrainte de licence, pas d'augmentation tarifaire surprise.

La propriété des données, ensuite.

Dans un secteur où la donnée client est à la fois stratégique et réglementée, garder la main sur l'hébergement et le traitement de ces données est une préoccupation légitime.

La personnalisation, enfin.

Des fonctionnalités uniques, des règles métier sur mesure, une expérience utilisateur pensée de l'intérieur : l'idée d'un outil qui correspond parfaitement à la vision de l'entreprise est difficile à rejeter.

Mais chacun de ces avantages cache une contrepartie que les équipes découvrent souvent trop tard.

Le contrôle total sur la roadmap, c'est aussi la responsabilité de gérer l'intégralité du cycle de vie : maintenance, mises à jour, sécurité, conformité réglementaire. Des charges qui mobilisent des ressources, créent des délais et génèrent des coûts bien supérieurs aux estimations initiales.

L'indépendance vis-à-vis des éditeurs ? Elle se transforme souvent en une dépendance encore plus fragile, celle envers deux ou trois développeurs internes qui sont les seuls à comprendre le système. Quand ils partent, l'organisation se retrouve dans une situation délicate.

La personnalisation illimitée, elle, exige un engagement constant en R&D et la capacité d'attirer des talents tech de haut niveau, en compétition directe avec des entreprises dont c'est le cœur de métier.

Et à l'heure de l'IA, c'est là que le bât blesse le plus. Développer et maintenir des capacités IA en interne nécessite une expertise rare, des investissements massifs et une infrastructure dédiée. Pour la majorité des acteurs de l'assurance, c'est une bataille perdue d'avance.

Le marché a changé. Le SaaS aussi.

Il y a dix ans, acheter une solution externe signifiait souvent accepter un outil générique, peu flexible, difficile à intégrer. Ce temps est révolu.

Le paysage technologique a radicalement évolué. Les plateformes SaaS modernes, architecturées autour des API, offrent aujourd'hui un déploiement rapide, une évolutivité réelle et une intégration fluide avec les systèmes existants. Authentification, conformité réglementaire, reporting : ce qui était autrefois des options supplémentaires coûteuses fait maintenant partie du standard.

Plus décisif encore : les marchés les plus matures ont déjà tranché. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, acheter ses solutions tech est devenu la stratégie dominante. 9 des 12 principaux assureurs IARD américains utilisent déjà des logiciels externes pour la gestion de leurs sinistres et de leurs polices³.

Ce n'est pas un hasard. C'est le résultat d'un calcul simple : quand les fournisseurs spécialisés investissent en permanence dans l'innovation, il devient de plus en plus difficile, et de moins en moins pertinent, de tenter de les égaler en interne.

Dans l'ère de l'IA, dépendre uniquement de systèmes historiques propriétaires n'est plus seulement un désavantage. C'est un risque stratégique. Le véritable danger ne réside pas dans la perte de contrôle. Il réside dans le fait de se faire distancer par des concurrents plus agiles qui intègrent l'innovation plus rapidement.

Ce que change concrètement une plateforme moderne

Prenons les arguments un par un.

Le coût

Les systèmes centraux existants coûtent en moyenne 1,7 fois plus cher par police qu'une plateforme d'assurance moderne⁴. Et 67 % des directeurs financiers d'assureurs européens estiment que la complexité de leurs systèmes actuels freine directement leurs gains d'efficacité⁵. Avec une solution SaaS, les coûts initiaux sont réduits, le TCO est prévisible, et les coûts cachés des projets de développement interne disparaissent.

Le time-to-market

Les cycles de développement internes sont longs, imprévisibles, souvent victimes de réallocations de ressources ou de changements de priorités. Une plateforme comme Korint permet de configurer et déployer un portefeuille d'assurance en quelques semaines, soit 10 fois plus rapidement qu'avec des outils historiques. Un avantage décisif dans un marché où être le premier à lancer un nouveau produit compte.

La donnée

C'est peut-être là que l'écart est le plus significatif. Grâce à un modèle de données fondé sur l'event sourcing (une architecture que les outils existants ne peuvent pas reproduire), Korint génère 50 fois plus de données utilisables pour alimenter les modèles de tarification et les applications IA. Chaque opération est tracée, auditable, réutilisable. C'est la matière première de l'intelligence artificielle appliquée à l'assurance.

La productivité

En optimisant les processus métiers, une plateforme moderne peut générer des gains de productivité allant jusqu'à 80 %, suffisants pour transformer des produits non rentables en opérations rentables.

La personnalisation

Adopter une solution externe ne signifie pas renoncer à se différencier. Au contraire : cela permet de construire des expériences différenciées sur une base éprouvée, sans partir de zéro. L'agilité sans le risque.

L'argument que l'on n'entend pas assez

Il y a un coût souvent invisible dans le développement en interne : celui de l'attention.

Chaque heure passée à gérer une infrastructure technologique, à recruter des développeurs, à déboguer des intégrations ou à assurer la conformité réglementaire est une heure qui n'est pas consacrée au cœur de métier : concevoir de meilleurs produits, servir les assurés, développer des partenariats, construire des offres innovantes.

Les acteurs de l'assurance qui tirent parti des plateformes nouvelle génération surpassent systématiquement leurs pairs tributaires des systèmes existants, avec une productivité par ETP supérieure de plus de 40 %³.

Ce n'est pas une question de taille. C'est une question de choix.

Alors, Make or Buy ?

La réponse dépend du contexte de chaque organisation. Mais les données sont claires : pour la majorité des assureurs, courtiers grossistes et courtiers, le développement en interne n'est plus la voie la plus sûre ni la plus rapide vers la croissance.

Les promesses du Make (contrôle, indépendance, personnalisation) restent valables en théorie. En pratique, elles se heurtent à la réalité d'un secteur en transformation accélérée, où l'innovation technologique se joue à une vitesse que peu d'équipes internes peuvent soutenir.

La vraie question n'est pas de savoir si l'on peut construire. C'est de savoir si c'est là que l'on veut concentrer ses ressources et son énergie, ou si l'on préfère les consacrer à ce que personne d'autre ne peut faire à sa place.

Source

¹ Speed to Market, Consulting LLP, 2023
³ IT modernization in insurance: Three paths to transformation, McKinsey, 2019
⁴ Source industrie, 2024
⁵ CFO Study, 2024

FAQ - À propos de cet article

Qu'est-ce qu'une Core Insurance Platform et pourquoi en adopter une ?

Une Core Insurance Platform est une plateforme SaaS conçue pour gérer l'ensemble du cycle de vie d'un produit d'assurance : configuration produit, tarification, souscription, gestion des polices, sinistres et reporting. L'adopter permet de lancer des produits plus rapidement, de réduire les coûts opérationnels et d'accéder à des innovations (notamment IA) sans les développer soi-même.

Comment une plateforme de gestion d'assurance SaaS accélère-t-elle le lancement de produits d'assurance ?

Une plateforme comme Korint propose des modules préconfigurés pour les principaux besoins métier de l'assurance non-vie. Elle élimine les phases longues de développement et de tests, et permet aux équipes de se concentrer sur la configuration produit plutôt que sur l'infrastructure. Résultat : un time-to-market réduit de plusieurs années à quelques semaines.

Le développement en interne est-il moins cher que d'acheter une solution ?

Non, dans la grande majorité des cas. Les systèmes centraux existants coûtent en moyenne 1,7 fois plus cher par police qu'une plateforme d'assurance moderne. Les coûts cachés du développement interne, maintenance, mises à jour, sécurité, conformité, recrutement, sont systématiquement sous-estimés dans les business cases initiaux.

Comment l'intelligence artificielle change-t-elle la décision Make or Buy en assurance ?

L'IA renforce l'avantage des solutions externes. Les plateformes SaaS spécialisées concentrent des équipes dédiées à l'intégration de l'IA dans les processus d'assurance. Construire ces capacités en interne exige des talents rares et des investissements continus. Les assureurs qui s'appuient sur des plateformes nouvelle génération affichent une productivité par ETP supérieure de plus de 40 % par rapport à ceux qui utilisent des systèmes historiques.